Visite d’atelier. Je m’attendais à des peintures, il s’agit d’empreintes : cette corolle sur un linge, l’artiste m’apprend que c’est le bout d’un sein, le sien ; auréole, aréole. Dans la grille d’un carré, cent taches : l’empreinte d’un orteil, d’un index : « On dirait une infinité de paysages, n’est-ce pas ? » Au mur, sur un tissu léger, une espèce de soie, encadrés, des paysages Song : lacs, vapeurs et brumes, montagnes célestes… Secret de ces faux paysages chinois : un peu d’encre au hasard versée et déversée d’un pan de toile à un autre.
Et ainsi de suite.
Je n’aime pas l’oeuvre de Max Ernst : ni ses blasphèmes, ni son « onirisme » ; cette île de Pâques infantile ; mais, enfin, ses frottages sont l’instrument ou la matière de ses forêts, de ses paysages. Et l’oeuvre d’Ernst est un monde. Elle est une part distincte et significative de l’art contemporain, un versant du surréalisme. Pourquoi l’atelier que je viens de voir, et toutes ces empreintes, ces moulages de serpillières ou de semelles dans du ciment, ces aléas, ces jeux, me laissent-ils le sentiment d’une vacuité, d’une inanité, d’un enfantillage ? « ...
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