La Pâque de Frère Roger

Marguerite LÉNA

Mots clés : Amour - Dialogue interreligieux - Foi - Passion - Saints

Il arrive parfois que l'écorce de l'histoire des hommes se déchire et qu'affleure la sève invisible qui en nourrit sans bruit la croissance. Il faut pour la percevoir un peu d'attention. Habituellement, cette attention est le privilège des coeurs purs que leur disponibilité à l'Esprit Saint rend capables d'écouter, parmi les bruits du monde, le « bruit de fin silence » du Royaume qui vient. Depuis la dernière fête de Pâques, on dirait que ce fin silence s'est fait sonore. Il y eut d'abord ce vieil homme vêtu de blanc, offrant à tous les regards, au vu et au su du monde entier, ce que notre culture s'efforce si soigneusement de cacher : la lente déchéance du corps, la parole devenue balbutiante, le visage que fige la maladie. La mort. Et en tout cela une levée de résurrection : « Je vous ai cherchés. Vous êtes venus. Merci. » Ces dernières paroles de Jean Paul II aux jeunes étaient les premiers mots anticipant et comme inaugurant déjà les JMJ de Cologne. Elles faisaient de sa mort le seuil de cette immense rencontre : du serviteur fidèle avec son Seigneur, de l'Eglise de Jésus Christ avec le Royaume, des jeunes de toute la terre avec Jésus Christ. C'était au temps de Pâques. Puis il y eut, au lendemain de l'Assomption, alors que déjà Colo...

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